LE PROJET


Veuillez télécharger le lecteur gratuit Flash pour visualiser le diaporama
La conquête, tout autant que l’écoute des attentes des nouveaux publics a transformé radicalement le monde professionnel de l’art chorégraphique durant ces 30 dernières années, obligeant à faire évoluer la conception de la formation du danseur. L’École Nationale Supérieure de Danse de Marseille [1] n’échappe pas aux nouvelles règles en vigueur, en termes d’offre d’enseignement. Le cursus en danse classique est désormais PLURIDISCIPLINAIRE.
Depuis mon arrivée en 2007, je mets en œuvre, au sein de l’école de nombreuses situations de travail permettant aux jeunes danseurs de transformer leur regard sur la danse. Je considère en effet qu’entrer dans la sphère artistique passe par l’acquisition d’outils permettant de penser, de façon inventive, la mise en représentation des matériaux expressifs travaillés au quotidien, qu’ils soient issus des danses classique ou contemporaine. Des notions aussi fondamentales que le sens artistique, l’apprentissage, le savoir-faire, l’interprétation, la maîtrise… sont donc à revisiter.

Seule l’extrême attention que les artistes chorégraphes portent à reconnaître la poésie libérée par un danseur en action guide mes propositions d’organisation des enseignements. Ainsi, plutôt que de centrer tous les efforts sur la stricte acquisition d’un niveau technique, comme première clé d’accès au milieu professionnel, je préfère désormais concevoir un programme autorisant l’épanouissement de ce que l’on nomme tout simplement l’inspiration. Le terme peut paraître inconsistant face à l’enjeu de la professionnalisation ! Pourtant (sans aucunement refuser les savoir-faire techniques) je préfère engager les danseurs dans l’aventure de l’émergence de cette épaisseur de leur propre présence artistique que rechercheront finalement les professionnels dirigeant les compagnies.

Face à la complexité des règles du marché de l’emploi dans le spectacle vivant, face à la transformation des attentes des professionnels, face à la nécessaire reconversion que le danseur rencontrera après sa première carrière d’interprète il s’agit, plus que jamais, de lui donner les moyens de son AUTONOMIE. Afin d’être dans l’actualité de son époque, nous devons lui permettre d’anticiper lui-même ce que sera son parcours futur. Construire ces hypothèses de voies d’activités professionnelles en devenir devrait lui permettre d’envisager aussi la possibilité d’une contribution inattendue à l’art de la danse.

À la pluridisciplinarité de la formation du danseur s’ajoute désormais la perspective d’une poly-compétence pour une vie professionnelle nécessairement évolutive.

Depuis 2007, le Ministère de la Culture et de la Communication est habilité à désigner des écoles supérieures du spectacle vivant, à délivrer le Diplôme National Supérieur Professionnel (DNSP). En rejoignant la dynamique universitaire européenne [2] l’enseignement artistique, particulièrement en danse, fait un grand pas en avant ! Le projet pédagogique de l’ENSDM évolue, quant à lui, rapidement vers la mise en place d’un cycle spécifique favorisant, en partenariat avec le milieu universitaire, l’obtention d’une licence en fin de cursus.

Jean-Christophe Paré

[1] ENSDM

[2] Licence Master Doctorat dit “LMD”

The desire to attract new audiences and reflect what they expect to see has radically transformed the professional world of choreography over the past thirty years and been the driving force behind evolutions in dancer training. The École Nationale Supérieure de Danse de Marseille is not exempt from having to implement new regulations in relation to what it teaches. From now on, the classical dance programme is MULTI-DISCIPLINARY.

Since I arrived in 2007, I have been making use of a variety of work situations – within the school but particularly in the Professional Placement Class – that allow young dancers to change the way they see dance. I actually believe that entering the artistic environment comes by way of acquiring tools that allow us to think inventively about how to perform expressive material, explored on a day-to-day basis, regardless of whether it originates from classical or contemporary dance. Notions as fundamental as artistic sensibility, learning, expertise, interpretation and mastery therefore need to be revisited.

My proposals as to how teaching should be organised are guided solely by the very close attention paid by artist choreographers to recognising the poetry liberated by a dancer in action. So rather than concentrating our efforts on the strict acquisition of technical expertise as an initial means of gaining access to a professional environment, I now prefer to develop a programme that allows a blossoming of what can be described quite simply as inspiration. The term might appear insubstantial in the face of the challenges of becoming a professional, but – while not in the least ruling out the acquisition of technical expertise – I prefer to involve dancers in the adventure of bringing substance to their own artistic presence which at the end of the day is what professionals running companies will be looking for.

Given the complexity of labour market regulations encountered in the performing arts, the change in professionals’ expectations and the retraining dancers will require at the end of their initial career as performers, more than ever before it is about giving them the means to be AUTONOMOUS. In order for them to be engaged with what is happening in their era, we have to allow them to anticipate what their own future careers will be. Coming up with hypotheses about constantly evolving career paths ought to allow them to envisage as well the possibility of making an unexpected contribution to dance.

In addition to the multidisciplinary nature of dancer training, we are including the kind of poly-competence required for a professional life that has no option but to evolve.

Since 2007, the Ministry of Culture and Communication has been entitled to designate the performing arts colleges that offer the Diplôme National Supérieur Professionnel (DNSP). By becoming associated with the dynamic spirit of European universities, teaching in the arts – and particularly in dance – is taking a huge leap forward ! For its part, the ENSDM’s education programme is rapidly evolving towards establishing a specific course, in partnership with a university environment, which will lead to students obtaining degrees.

Jean-Christophe Paré

  • Jean-ChristopheParé
  • C’est en 1975, à presque 18 ans, que Jean-Christophe Paré intègre le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Il suit également à cette période l’enseignement de Serge, Solange (...)
  • Lire la suite

Recevez l’actualité par e-mail
Inscrivez vous pour recevoir notre lettre d’information sur les activités de l’École nationale supérieure de Marseille.